5 angoisses qui vous empêchent d’écrire et comment les contourner

Ça y est, vous avez décidé de vous lancer et d’écrire vos premières paroles! Bravo! Depuis le temps que vous aviez envie de le faire, de raconter cette histoire que vous sentez en vous depuis tant d’années.

Vous voilà donc confortablement installé devant votre feuille blanche quand soudain, les angoissent arrivent. Vous commencez à cogiter, à vous poser des questions, à douter.

Ce genre de blocage au moment du passage à l’acte est malheureusement très courant quand on veut écrire des paroles pour la première fois. Voilà donc 5 angoisses « classiques » qui peuvent jaillir dans votre tête et vous empêcher d’écrire:

  1. Je suis qui pour écrire des paroles de chansons?
  2. Ce que j’ai à dire n’intéressera personne.
  3. Si c’est nul, on va se moquer de moi.
  4. Je ne ferai jamais aussi bien que… (insérez votre auteur favori).
  5. Je ne sais pas comment faire, ni par où commencer.

Ressentir ce genre d’angoisses est non seulement très courant quand on commence à écrire, et finalement assez normal. Faire quelque chose pour la première fois nous met par définition hors de notre zone de confort et nous fait douter. Mais si l’ami Aristote nous a appris que « Le doute est le commencement de la sagesse » est-ce pour autant le commencement d’une chanson? Personnellement, je ne crois pas.

Quand on commence à trop réfléchir sur pourquoi écrire et comment, ça finit généralement comme ça: on n’écrit pas. Débloquons ensemble la situation en reprenant une par une les angoisses.

1 – Je suis qui pour écrire des paroles de chansons?
Vous êtes vous! Ça ne vous suffit pas? Vous êtes vous, avec votre regard sur les choses, votre expérience, votre sensibilité, votre humour, votre vocabulaire et votre envie d’écrire qui brûle en vous. Tous les paroliers du monde ne sont pas autre chose qu’eux-mêmes et c’est précisément cette singularité qui fait que personne n’écrit de la même façon.

Comme dans beaucoup de domaines artistiques, il ne faut pas un diplôme pour faire ce métier. Vous avez envie d’écrire? Écrivez! Et puis vous n’êtes pas encore au stade de faire parolier à plein-temps, commencez donc par écrire en dilettante, pas plaisir. Ressentir ce qu’on peut appeler le syndrome de l’usurpateur est très courant. On se dit qu’écrire des paroles, ça implique que son travail est susceptible d’intéresser un compositeur, un interprète, des fans… « Wow, c’est beaucoup de pression ça!» vous dites-vous, « En suis-je capable?». Vous ne le saurez que si vous arrêtez de douter. Alors lancez-vous, vous n’êtes pas un usurpateur, juste quelqu’un qui a envie d’écrire et qui va écrire!

2 – Ce que j’ai à dire n’intéressera personne.
Il y a une phrase qui permet de nous décomplexer quand on aborde la question de l’intérêt de ce que l’on écrit : « Ce qui est personnel est universel ». Ce qui peut vous sembler anecdotique, vos peines de coeurs, vos peurs, vos joies, tout ce qui fait la vie en somme, c’est la base de toute chanson. Dites-vous bien que c’est pareil pour les grands auteurs de chansons, ils n’ont pas des sentiments « spéciaux », différents des vôtres, ils nourrissent leurs oeuvres de leurs expériences, de leur imagination, de leur quotidien, fût-il parfois d’une trivialité affligeante.

Le sujet d’une chanson peut être banal, ce n’est pas si important que ça au fond. Ce qui compte, c’est la façon dont vous allez le traiter. Il suffit de regarder les thèmes abordés dans les chansons pour se rendre compte que ce sont souvent les mêmes qui reviennent: l’amour (et ses multiples déclinaisons), la nostalgie, le temps qui passe, le bonheur, l’espoir… Ne vous mettez donc pas de pression inutile le sujet abordé, vous n’allez pas réinventer la roue. Vous serez le 2 876 534e auteur à faire une chanson d’amour, mais vous serez le premier à le faire à VOTRE façon, avec vos mots, votre façon de raconter l’histoire, vos rimes. Il existe ce que j’appelle la « Loi Vigneault » en référence au célèbre chanteur québécois Gilles Vigneault qui a dit cette phrase magnifique qui permet d’être tout à fait décomplexé quand on choisit un thème de chanson: « Tout a été dit, mais pas par moi ».

3 – Si c’est nul, on va se moquer de moi.
À cette réflexion, j’ai envie de répondre « Oui, c’est fort possible ». À partir du moment où vous allez écrire quelque chose de public, et c’est d’autant plus vrai avec l’avénement des réseaux sociaux, vous vous soumettez aux critiques, constructives ou non, des gens. Il faut malheureusement vivre avec cette réalité. Que vous vous appeliez Charles Aznavour, Grand Corps Malade, Madonna ou Mozart, vous aurez des gens qui aimeront votre travail et d’autres non. Et puis dites-vous que pour savoir que votre travail est « nul », encore faut-il le faire lire à d’autres yeux que les vôtres. Vous n’en êtes pas à cette étape, vous pouvez très bien vous lancer, écrire votre premier texte et le garder pour vous dans un premier temps. Mais si vous voulez ensuite « le faire vivre » en chanson, vous n’échapperez pas au regard des autres, ça fait partie du jeu.

4 – Je ne ferai jamais aussi bien que… (insérez ici vos auteurs favoris).
Il est vrai que quand on regarde les textes de grands auteurs, d’illustres paroliers, on peut ressentir un méchant complexe d’infériorité. Mais ce qui semble à première vue être un problème, peut se transformer en point positif. Tout d’abord, dites-vous que vous n’êtes pas dans un concours du meilleur parolier où vous devez arriver en tête du classement! Alors ne vous mettez pas une pression inutile. Quand on parle de paroles de chansons, la notion de compétition ne devrait pas avoir sa place. C’est d’autre part un art très subjectif, un texte qui vous semblera banal et maladroit, bouleversera peut-être quelqu’un d’autre. Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’auteurs moins bons que d’autres, mais je veux juste souligner le fait qu’il existe une grande part de subjectivité dans le jugement que chacun porte sur une chanson.

Si vous êtes par exemple un grand admirateur du travail de Luc Plamondon, n’essayez pas de vous comparer à lui, de l’imiter, d’écrire « comme lui », mais lisez en revanche ses textes, analysez comment ils sont construits, observez le vocabulaire qu’il a utilisé pour telle chanson, très différent du vocabulaire, du niveau de langue utilisés dans telle autre. En faisant cet exercice, vous allez sûrement comprendre des choses sur sa façon de construire ses textes. Il utilise des métaphores triviales et très recherchées dans un même texte? Il écrit souvent en alexandrins? En octosyllabes? Il a recours à des mots de tous les jours? Souvent? Parfois? Très rarement? Vous n’écrirez jamais comme lui, vous n’êtes pas lui! Mais vous pouvez essayer d’écrire pour autant d’interprètes que lui, d’avoir la même constance que lui, la même exigence, la même inventivité. Copiez les qualités de vos modèles, pas leur style.

5 – Je ne sais pas comment faire, par où commencer.
Il y a des gens qui sont des instinctifs, qui n’ont jamais écrit un vers de leur vie, mais qui se lancent un beau jour et font des paroles, tout simplement. C’est la même chose dans tous les domaines, le sport, la musique, l’art en général. Certains au contraire ont besoin d’apprendre auprès de quelqu’un, un prof, un mentor, un coach, peu importe le nom. Ne pensez pas que les intuitifs ont pas la science infuse, il se trompent même plus que les autres, mais ils ne lâchent pas, ils font des erreurs et apprennent de leurs erreurs. Ils avancent, guidés par cette boussole qu’on appelle l’instinct, poussés par ce vent qu’on appelle la passion. Si vous faites partie de cette catégorie d’auteurs, vous n’aurez sûrement pas besoin de conseils. Lancez-vous, écrivez, tout se mettra en place à force de travail.

Ce n’est en revanche pas le cas de tout le monde. Certains ont besoin d’aide quand ils commencent à écrire leurs premiers vers, de la même façon que l’on peut avoir besoin d’un prof quand on apprend le piano ou le chant.

Comment construire un texte de chanson ? Comment agencer mes couplets? Comment faire un refrain efficace? Quel titre choisir à mon texte? Ces questions-là, on se les pose tous. Certains y répondent tout seul, d’autres se font aider. Ce qui compte, c’est que ces questions ne nous empêchent pas d’écrire.

Alors, à vos plumes! 🙂

Des mots

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