Se mettre au service de l’interprète : l’art du compromis

 

Quand on est parolier, on écrit parfois pour soi, si on a la chante d’avoir un joli brin de voix, soit pour un ou une interprète, voire pour plusieurs interprètes. Une fois que le texte est terminé, la relation avec l’artiste commence. Il faut savoir se mettre au service de l’interprète, ce qui n’est pas toujours simple. Voici quelques conseils.

Pourquoi se mettre au service de l’interprète?

La meilleure raison, c’est que c’est lui qui va incarner la chanson, qui va la défendre, sur un album, en concert, dans une émission de télé ou de radio. C’est lui qui va être « au front », sur le devant de la scène. De plus, on n’est jamais à l’abri du succès et le texte que vous avez écrit pourrait très bien devenir le prochain hit de la francophonie et LA chanson de l’interprète qui devra donc la chanter pendant toute sa carrière. Donc mieux vaut qu’il assume ce qu’il chante et c’est pourquoi, il a son mot à dire.

Comment se mettre au service de l’interprète?

En adaptant son texte, pour qui lui aille parfaitement. J’utilise souvent la métaphore d’un couturier qui doit faire un vêtement sur mesure. Il va proposer quelque chose, mais même si le vêtement plait, il y a souvent (pas toujours non plus) des petites retouches à faire, resserrer ici, raccourcir par là. C’est la même chose pour un texte de chanson. Si l’interprète a du mal avec une expression qui n’est pas dans son registre de langue, dans son vocabulaire, s’il ne se sent pas confortable avec une sonorité sur un mot, il faut faire comme le couturier, une retouche. On lui propose donc une option alternative, voire deux ou trois…

L’art du compromis

Tout l’enjeu de l’exercice, c’est d’arriver à un point où l’interprète et le parolier seront à l’aise avec les changements effectués. Il ne faut pas que l’interprète n’ose rien dire à l’auteur et chante un texte qui ne lui va pas à 100%, mais il ne faut pas non plus que l’interprète fasse changer à l’auteur 80% du texte. Il y a un juste équilibre à trouver, c’est de la diplomatie. L’auteur devra se poser la question de savoir jusqu’à quel point il accepte de faire un compromis, jusqu’à quel point il va être confortable et refaire un couplet, ou deux. Il n’y a évidemment pas de règles, c’est du cas par cas.

Co-écriture

Il arrive parfois que l’interprète s’implique tellement dans le processus de ré-écriture, qu’il écrive au final la moitié de la chanson. Dans ce cas on envisage souvent la co-écriture et l’auteur cède la moitié de ses droits à l’interprète qui devient, de fait, co-auteur.

Le compositeur : le deuxième paramètre

Il en va de même en ce qui concerne la notion d’être au « service de » entre le compositeur et le parolier. L’un n’écrase pas l’autre, l’un doit être au service de l’autre, en bonne intelligence et surtout, en bonne harmonie. Si vous voulez en savoir plus sur la notion de trio auteur-compositeur-interprète, j’avais déjà évoqué le sujet dans un précédent article.

Bonne écriture!

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